mardi 26 juin 2012

Aubrac Circus : le récit de course de Benoit de Préville, 4ème de la course

Nasbinals, 5h35 du matin. Le départ est donné. Mais auparavant, Gilles Bertrand n’oublie jamais de nous évoquer la mémoire de ceux qui ne sont plus… présents de la même manière. Son humanisme me touche beaucoup, et permet de mieux goûter à la Vie qui nous est donnée… Il sera bon de s’en rappeler dans les moments où l’on aurait envie de râler… Nous partons tranquillement dans le jour naissant et la fraîcheur idéale, il faut dire que notre groupe de tête est entraîné par Gilles Guichard, vainqueur en titre dont la sagesse n’est plus à prouver ! C’est parti pour un grand cirque de 55 km !


L’herbe mouillée a vite fait de détremper nos chaussures… les nombreux ruisseaux traversés
finissant parfaitement la tâche ! Ceci étant, le temps est si agréable qu’il serait bien idiot de se plaindre, et plus opportun d’admirer ces tapis de fleurs multicolores, en particulier les violettes sauvages qui s’épanouissent partout .

Dès le 8ème kilomètre, ma cheville me fait peur, mais heureusement mes kapteren strap remplissent parfaitement leur fonction, et je considère simplement ça comme un signe qu’il faut que je prenne un peu moins de risques si je veux durer. A partir de ce moment là, je ferai toute ma course seul, à l’écoute de mes sensations. Ainsi, si je reviens progressivement sur le groupe à l’occasion du premier ravitaillement de Saint-Chely d’Aubrac, je prends plus de temps qu’eux pour me ravitailler, et vois les 4 premiers filer. Peu importe, je suis là pour me faire plaisir, et j’admire au passage le magnifique taureau sculpté trônant sur la place du village !

Plus personne à l’horizon, et pourtant, au 30ème kilomètre, alors que nous atteignons la traversée de rivière sous un pont dont j’ai un vif souvenir –j’avais failli y perdu une chaussure il y a trois ans !- je retrouve le 4ème. Je l’invite à me suivre, mais malgré ses bâtons, je sens qu’il a du mal dans ces chemins bien pentus de pleine forêt, d’abord bordés d’un magnifique torrent, avant de passer aux pistes de ski, particulièrement abruptes. Au second ravitaillement, j’ai la joie de retrouver Michel et Marie-France, prompts à me ravitailler, ainsi que les encouragements de la team Kalenji.

Un cirque un peu particulier !

Alors que notre circuit rejoint celui du 28 km, il est agréable de doubler du monde, même si ce n’est pas toujours aisé lorsque les chemins sont étroits, et je finis par retrouver un mal bien connu… les crampes ! Heureusement que GO2 est là pour m’aider à gérer , mais j’ai bien conscience qu’il va falloir lever le pied… Nous sommes maintenant dans les alpages, et la file des coureurs sur ces chemins bordés de murs en pierres sèches est vraiment un beau spectacle… d’un cirque un peu particulier, j’en conviens !

Un dépassement un peu incertain me fait trébucher, et c’est une belle chute qui suit, par chance le tapis d’herbe me la rend indolore… ou presque, car de violentes crampes suivent immédiatement : heureusement que des concurrents du 28 m’aident gentiment à les faire passer. Malheureusement, dans la précipitation de cette fin de course, j’ai à peine le temps de les remercier. C’était juste une façon de dire bonjour à Florence, autre chef de produit de Kalenji, que je n’avais pas encore vue et qui se trouvait justement là !!! Les derniers kilomètres me permettent de doubler Olivier, repéré de loin avec le TShirt que toute l’équipe porte, et me voilà au dernier kilomètre, sous les encouragements qui m’aident à en finir au plus vite !

Trois petits loups !

Voilà bien longtemps que je n’ai pas fini 4ème d’une course… et c’est la première fois que je me retrouve sur le « podium des vieux »… eh oui, il faut prendre le bon côté des choses ! Je finis en quatrième position, sur les 300 concurrents au départ, en 4h55, derrière Gilles Guichard et Sylvain Court, arrivées main dans la main (merci les gars de préserver l’ « esprit trail ») 11 minutes plus tôt, et à une minute de Stéphane Jouvance.

Si mes remerciements vont bien sûr à Odile, Gilles, et toute leur équipe de bénévoles tous plus serviables les uns que les autres, ainsi qu’à toute l’équipe de Kalenji avec laquelle j’ai tant de plaisir à avancer, je n’oublie évidemment pas Isabelle, qui en cette fin d’année a dû assurer pas mal d’activités seule avec nos trois p’tits loups… qui ont eux aussi leur idée du cirque… pas forcément la même que celle vécue aujourd’hui !
Maintenant, place aux choses sérieuses : je vais essayer de me concentrer sur les exos des candidats que je vais voir défiler toute la semaine devant moi, dans l’air de Paris… pas tout à fait aussi agréable que celui de l’Aubrac !!!